vendredi 18 septembre 2015

Silent Hill en vrai : Centralia

Une photo de Centralia prise en 1906
Centralia en 1906

Aujourd’hui, je viens vous présenter une ville américaine particulière. Il s’agit de Centralia, petite bourgade de Pennsylvanie fondée en 1866, qui est à l’origine de l’adaptation cinématographique du film Silent Hill. Elle comptait 1000 habitants en 1981, autant dire qu’elle n’impressionnait pas par sa taille. Cependant, en 2007, il n’en restait plus qu’une poignée, à peine plus de 5.
Que s’est-il donc passé entre temps ? En 1962, un incendie se déclara dans l’ancienne mine de charbon installée sous la ville, alors transformée en décharge. Deux versions quant à l’origine de ce fait divers sont connues : 

* la première dit que des pompiers qui devaient nettoyer un dépotoir auraient accidentellement mis le feu à la mine, et ne seraient pas parvenus à l'éteindre. 

* La seconde raconte qu’un camion benne aurait déversé des cendres encore fumantes dans le puits de la mine, causant un énorme incendie. 

Aucune de ces versions n’est avantagée par rapport à l’autre, on ne sait donc pas précisément ce qui a mené à la désertification de Centralia. Ce n’est qu’en 1981 que l’ordre d’évacuer les lieux fut donné, car le monoxyde de carbone émanant de la mine devenait vraiment dangereux pour les habitants, sans compter qu’un enfant avait failli être happé par une des failles causées par l’incendie. Eh oui, le feu n’était toujours pas éteint près de 20 ans après son amorçage.

Photo d'un panneau à l'entrée de Centralia
Un panneau à l'entrée de Centralia

Et aujourd’hui, il continue encore et toujours de gagner du terrain, la terre fume de plus en plus. Il s’étend à présent sur 1,6 km², et gagne 15 mètres par an (NDLR : cet article a été initialement publié le samedi 20 juillet 2013, ces données datent donc de cette époque et peuvent avoir changé aujourd'hui). Il n’existe aucun moyen de faire cesser cela. Selon les calculs, l'incendie ne devrait prendre fin que dans 250 ans, voire davantage encore. Pour l’anecdote, le code postal de Centralia a été supprimé des registres en 2002. Il n’y reste que six maisons qui abritent les irréductibles refusant de quitter les lieux, une église dont les cloches sonnent tous les dimanches matin, quatre cimetières dont l’un semble être le seul endroit "vivant" des lieux, et un bâtiment municipal dans lequel trône un camion de pompier (ironique, et pourtant vrai). Une légende dit qu’au siècle dernier, un curé Irlandais a maudit la ville, prédisant qu’elle serait brûlée toute entière à part son église et un de ses cimetières. Si on la prend pour vraie, il n’avait pas tout à fait tort. De nos jours, Centralia n’attire plus que les gens les plus téméraires, d'autant plus que la route permettant d'y accéder, la route 61, a été condamnée. Et c’est Tom Dempsey, l’ancien postier, qui la faisait visiter encore en 2010. Cela dit, on peut tout de même y croiser d’anciens habitants qui reviennent sur les lieux.

Photo de Centralia de nos jours
Centralia de nos jours

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