Les reclus de Monflanquin - L'Antre de Bloodwitch

mercredi 7 octobre 2015

Les reclus de Monflanquin

Photo du château dans lequel vivaient les Reclus de Monflanquin
Le château des Reclus de Monflanquin

Le mystère des reclus de Monflanquin a été élucidé depuis la rédaction de mon article à ce sujet en 2007. Je vous rappelle que nous avions alors une disparition et 11 personnes d'une même famille recluses dans le château que vous voyez ci-dessus, pour des raisons inconnues. Mais avant de vous raconter ce qui est arrivé entre cette année-là et aujourd'hui, je vous propose de relire mon article de 2007, pour les détails d'alors :
Les reclus de Monflanquin, ou une famille de 11 personnes qui vit isolée dans son propre château depuis 2001. L'histoire commence par la disparition soudaine de Thierry T. à l'âge de 39 ans, gérant de six sociétés placées sans exception en liquidation judiciaire à la fin des années 90. Le père de Thierry, Alain T., dit ne plus avoir eu de nouvelles de son fils depuis 2001. En septembre 2003, la mère de Thierry T. est décédée mais cela n'a pas suffit pour faire sortir l'intéressé de sa cachette.
L'histoire raconte que depuis 2001, 11 personnes de la même famille, la famille De V., ainsi que Thierry T., vivraient recluses dans une grande maison à une petite distance de la Bastide à Monflanquin. Du jour au lendemain, ils ont quitté leur vie professionnelle et coupé tous les ponts avec leurs proches. En juillet 1997, Thierry T. est entré dans l'entourage d'un certain Jean Marchand en devenant PDG d'une entreprise de nettoyage au sein d'une école de formation au secrétariat, école alors dirigée par l'épouse de Jean Marchand. Tout cela se passe à Paris. Quelques années plus tard, Jean Marchand a porté plainte contre Thierry T. pour vols et détournement de fonds, 185.000 frs auraient été crédités sur le compte de Thierry T. et 300.000 frs auraient disparu des comptes joints du couple Marchand. Sans compter que parmi les reclus de Monflanquin, il y a la femme et les deux enfants de Jean Marchand ainsi que sa belle-mère octogénaire, ses deux beaux-frères, leurs enfants et épouses.
Au jour d'aujourd'hui, et ce depuis 2001, on pourrait voir certains des 11 reclus de Monflanquin dans les rues de la ville, ils sortiraient occasionnellement afin de faire quelques achats, mais ils n'adresseraient la parole à personne, ignorant totalement le monde extérieur. On pense que Thierry T. est à l'origine des actes de cette famille si étrange, mais on ignore encore dans quelles mesures. Y a-t-il une véritable secte derrière cette histoire ? Le mystère demeure. En tout cas, une rumeur dit qu'il ne resterait que 5 à 6 des 11 reclus originel de Monflanquin encore en vie.
Depuis cet article, beaucoup de choses ont changé, et le voile de mystère qui pesait sur cette histoire a disparu. Le 29 janvier 2008, sous l'emprise de Thierry T. qui n'avait finalement pas disparu, la famille De V. a vendu la maison familiale dans laquelle elle était recluse à une société, qui l'a ensuite revendue à un particulier. Il faut savoir que la famille ignorait qu'elle vendait la maison, il ne s'agissait pour elle que d'un prêt sur gages. En 2009, 9 des 11 reclus partirent à Oxford (Angleterre) pour y travailler et reverser l'intégralité de leurs revenus à Thierry T., avant d'être tour à tour libérés de l'emprise de leur gourou, et Thierry T. arrêté dans la foulée. Son procès débuta en 2012, où il fut condamné à 8 ans de prison pour abus de faiblesse, et un versement de dommages et intérêts à la famille. Ayant fait appel, il comparut à nouveau en 2013, et sa condamnation de prison augmenta de 2 ans. Le notaire ayant finalisé la vente de la maison, propriété familiale depuis le XVIIème siècle, fut quant à lui condamné à verser des dommages et intérêts aux De V. mais aussi, et c'est étonnant, à la société qui a acheté la maison.

La famille De V. a été reconnue par un psychiatre comme étant en "état d'emprise mentale" tout au long de sa réclusion, et elle s'est servie de cet argument, parfaitement valable du fait de la loi, afin de tenter de récupérer son bien mobilier. Le verdict était attendu pour le 17 septembre dernier (2015 donc), et bien que le tribunal ait annulé cette vente du fait que les membres de la famille "ont été affectés d'une altération du discernement et de leurs capacités de raisonnement et de jugement, confinant à l'insanité d'esprit" au moment de la mise en vente du lieu à la société, la vente de ladite société au particulier ne peut être remise en cause du fait que ce particulier soit "un tiers de bonne foi". Les De V. ne peuvent donc pas récupérer leur bien.

Tableau présentant les dates-clés de l'affaire
Les dates-clés de l'affaire, vous pouvez cliquer dessus pour l'agrandir

En conclusion, Thierry T. réussit à manipuler cette famille de la déposséder de tous ses biens (soit environ 4 millions d'euros et sa maison familiale, vendue au tiers de sa valeur estimée). Cela en leur faisant croire que sous le chef d'une entreprise de nettoyage qu'il était officiellement, se cachait un agent secret de l'Otan, chargé de "combattre l'emprise croissante de la franc-maçonnerie sur l'économie française". Il lui fallut le temps de quelques mois pour obtenir la confiance des 11 De V. qu'il prit sous son joug, en commençant par la femme de Jean Marchand cité dans mon article de 2007. Il réussit à convaincre cette dernière qu'elle devait oublier son mari, ce qu'elle fit. Et tour à tour il parvint à convaincre chacun des 10 autres membres de la famille De V. de faire de même avec leur entourage. Ce faisant, il pouvait disposer de toute leur fortune comme bon lui semblait, et leur faire faire ce qu'il voulait. Cela a duré 9 longues années.

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